L’accompagnement de la réflexion sur l’entretien et de la sauvegarde des édifices cultuels du point de vue de l’affectataire

Église St Médard de Cheviré-le-Rouge À Baugé en Anjou (49). © Louis Ville, UDAP 49.
Église St Médard de Cheviré-le-Rouge À Baugé en Anjou (49). © Louis Ville, UDAP 49.

Réfléchir à la question de l’entretien et de la sauvegarde des édifices cultuels nous invite, comme affectataire, à nous situer comme un partenaire premier et privilégié au côté des propriétaires chargés de l’entretien de ce patrimoine.

Le diocèse : rôle et mission au service de l’Église et du territoire
Le diocèse constitue l’échelon fondamental d’organisation de l’Église catholique. Placé sous la responsabilité d’un évêque, il rassemble l’ensemble des communautés chrétiennes d’un territoire donné, structuré en paroisses. À ce titre, il assure une mission à la fois spirituelle, pastorale et institutionnelle.

Sur le plan pastoral, le diocèse veille à l’annonce de l’Évangile, à la célébration des sacrements et à l’accompagnement des fidèles tout au long de leur vie. Il coordonne l’action des prêtres, des diacres et des équipes laïques engagées, tout en développant des initiatives dans les domaines de la catéchèse, de la formation, de la solidarité et du dialogue avec la société.

Dans son rôle institutionnel, le diocèse agit également comme interlocuteur des pouvoirs publics et des collectivités territoriales, notamment en matière de gestion et de valorisation du patrimoine cultuel. Sans être propriétaire des édifices construits avant 1905, il en est l’affectataire pour le culte, ce qui lui confère une responsabilité particulière dans leur usage, leur compréhension et leur transmission.

Le diocèse contribue ainsi à faire vivre ces lieux dans leur vocation première, tout en participant aux réflexions contemporaines sur leur ouverture, leur conservation et leur inscription dans la vie culturelle et sociale des territoires. Par sa connaissance des enjeux liturgiques, historiques et humains, il joue un rôle de médiation essentiel entre les différents acteurs concernés par le devenir des édifices religieux.

À la croisée du spirituel, du culturel et du patrimonial, le diocèse apparaît ainsi comme un acteur clé pour penser l’avenir des églises, dans le respect de leur identité et au service du bien commun.
F.C.

À côté de la fonction cultuelle qui affecte nos édifices, nous savons combien nos architectures religieuses, urbaines comme rurales, participent de nos territoires jusqu’à être des repères structurants de la vie de nos cités. Nous mesurons notre responsabilité commune lorsqu’il s’agit d’être attentifs à la préservation et à la sauvegarde du patrimoine religieux hérité de l’histoire et, plus particulièrement, de nos prédécesseurs dont nous sommes redevables. Cette responsabilité nous concerne tout autant lorsqu’il s’agit de permettre la transmission de ce patrimoine religieux aux générations à venir. Nous y voyons un défi pour les différents interlocuteurs chargés de veiller à la sauvegarde de ce patrimoine, notamment lorsqu’il s’agit d’attribuer des investissements nécessaires pour assurer la pérennité de ces édifices.

Le partenariat qui accompagne l’entretien et la sauvegarde de ces édifices nourrit nécessairement un dialogue entre les différents acteurs concernés par ces biens. Il nous invite à souligner ici le rôle et la mission singulière de l’affectataire au culte, tel que précisé par la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l’État ainsi que par la loi du 2 janvier 1907 sur l’exercice public du culte. Suivant le régime de l’affection légale, déployé et approfondi par une jurisprudence abondante du juge administratif, l’affectation de l’édifice au culte est caractérisée par sa permanence, son exclusivité et sa gratuité. Dans le cadre de ce régime, l’affectataire apparaît ainsi comme le garant de tout ce qui concerne l’édifice et de son affectation légale au culte.

Avec la responsabilité que porte l’affectataire, la compatibilité avec l’affectation au culte apparaît une dimension essentielle au sujet de laquelle il porte une vigilance particulière. Ainsi, lorsqu’il s’agit de réfléchir l’accueil de projets ou d’autres activités au sein de l’édifice, il nous est suggéré d’être inventifs et audacieux dans l’utilisation et l’usage de ces lieux.

Dans l’accueil de ces projets, il s’agira d’évaluer au cas par cas les possibilités avec l’aide et le concours des services de l’État. Parmi les points d’attention et de discernement, l’affectataire se doit en particulier d’être attentif à la destination originelle des lieux, aux protections et sauvegardes de l’édifice, notamment s’agissant des objets cultuels, ou encore à la préservation de l’espace sacré du chœur de l’église et à la disposition des lieux nécessaire à l’exercice du culte. Dans sa configuration, rappelons que l’édifice est avant tout bâti pour les besoins de la liturgie qui ne se limite pas à la présence de l’ambon, de l’autel et du tabernacle mais qui se déploie dans toutes les dimensions que peut offrir la construction architecturale proposée par les lieux.

Tout ceci traduit pour l’affectataire le champ de cette liberté d’appréciation qui lui est garantie, mais aussi le champ du dialogue constructif avec le propriétaire ; dialogue qui traduit de manière emblématique les relations cordiales manifestées entre l’État et les cultes à l’œuvre depuis 1905. Plus largement, l’originalité de sa responsabilité lui attribue une vertu pédagogique d’explication nécessaire et d’attention lorsqu’il s’agit de mieux comprendre ces édifices dans leur architecture et leur fonctionnalité cultuelle, sans oublier la dimension transcendante que nous suggèrent les lieux et qui appartient à chacun.

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